Ce que nous mangeons arrive aussi à notre cerveau

La santé mentale est également concernée.

De plus en plus d’études ont mis en évidence l’existence de liens entre le régime alimentaire et le développement de pathologies telles que l’hyperanxiété, la dépression, l’autisme ou les troubles bipolaires, y compris chez les jeunes. Les progrès technologiques réalisés ces dernières décennies ont permis aux chercheurs de mieux comprendre le fonctionnement de l’intestin

et d’analyser la complexité de la flore intestinale ou microbiote. On s’est aperçu que les bactéries qui l’habitent ne servent pas uniquement à la digestion, mais qu’elles influencent le développement du système nerveux central de nombreuses manières. Elles agissent par exemple sur le nerf vague, dont huitante pour cent des fibres sont reliées directement à des zones du cerveau qui contrôlent les émotions. Elles synthétisent aussi des neurotransmetteurs comme la dopamine ou la sérotonine qui ont une fonction régulatrice sur l’humeur dans le cerveau, pouvant être affectée en cas de perturbation du microbiote.

La science progresse rapidement à ce sujet, mais en attendant que l’on soit capable de ramener l’équilibre de la flore intestinale et d’agir précisément plutôt que de prescrire un traitement agissant sur le cerveau, une des premières actions est d’adapter le régime alimentaire des personnes atteintes par ces troubles. Il s’agit de privilégier les aliments aux propriétés anti-inflammatoires, ceux riches en fibres et en protéines comme les légumes et légumineuses et d’éviter les graisses saturées ou sucres rapides caractéristiques de la malbouffe.

Anne Kleiner 
 


Consommation de boissons sucrées : évolution des parts d’élèves de 11, 13 et 15 ans qui boivent du cola ou autres boissons sucrées moins d’une fois par jour, selon le sexe et l’année d’enquête*LaFontanelle echo58 Ce que nous mangeons arrive aussi a notre cerveau03 plan1Exemple de lecture: en 2014, 65,4 % des garçons de 15 ans ont déclaré boire du cola ou d’autres boissons sucrées moins d’une fois par jour, sous-entendant que 34.6 % en consomme une fois par jour ou plus.
Repas du soir : proportions des élèves de 11 à 15 ans qui prennent le repas du soir avec la mère et/ou le père à la fréquence indiquée, selon le sexe et l’âge (2014)*LaFontanelle echo58 Ce que nous mangeons arrive aussi a notre cerveau03 plan2Exemple de lecture : en 2014, 61 % des garçons de 15 ans prenaient le repas du soir chaque jour en compagnie de la mère et/ou du père. En revanche, 20.2% des filles de 15 ans prenaient le repas du soir moins de 5 jours par semaine ensemble avec la mère et/ou le père. Ce graphique met en évidence que plus l’adolescent et l’adolescente avancent en âge, plus ils se privent d’une source de repas équilibré.
Consommation fruits-légume : proportion des élèves de 11 à 15 ans qui consomment des fruits et des légumes plusieurs fois par jour, selon le sexe et l’âge (2014)*LaFontanelle echo58 Ce que nous mangeons arrive aussi a notre cerveau03 plan2Exemple de lecture : en 2014, 6.7% des garçons et 13.0% des filles de 15 ans consommaient des fruits et légumes plusieurs fois par jour.

 

Sources et inspirations
Habitudes alimentaires, activité physique, usage des écrans et statut pondéral chez
les élèves de 11 à 15 ans, OFSP
Innover dans le traitement des troubles bipolaires : inflammation, microbiote intestinal,
alimentation, nouvelles psychothérapies intégratives, Dr Guillaume Fond
Maladie mentale : quel est le rôle de l’alimentation, Prof. Marion Leboyer
L’intestin, notre deuxième cerveau, Francisca Joly Gomez
Une industrie alimentaire toute puissante ?, Benjamin Boutrel
Pourquoi il faut dire halte aux aliments ultratransformés, interview de Anthony Fardet par L’Obs

 

AUTRES ARTICLES SUR L'ALIMENTATION ET MALADIES MANTALES

Retour aux publications