LaFontanelle garconAntoine* a pris "sa" décision, témoignage de son père
«Par peur de l’échec, Antoine ne faisait plus rien. Il n’y avait pas de continuité dans ce qu’il entreprenait. Il fallait casser ce cercle négatif, mais en tant que parents, nous étions en difficulté pour le faire» explique son père. En recherche de solutions, la famille de Antoine a eu vent des aventures éducatives de La Fontanelle et ce concept correspondait à ses attentes. Par chance, il restait une place disponible. «Antoine est parti avec l’envie de se prouver à lui-même et de démontrer aux autres qu’il était capable de faire ce camp, d’en retirer quelque chose de positif» confie le papa. «Durant ce séjour, mon fils a vu que malgré les difficulté rencontrées, il a été capable de les surmonter. Ce camp lui a permis de faire le vide, d’analyser les choses, et de mettre en évidence ses qualités, ses capacités.» Quelques semaine après son retour, alors qu’il refusait auparavant toute prise en charge institutionnelle, Antoine a demandé de sa propre initiative à suivre le programme éducatif du foyer de La Fontanelle, à la surprise générale. Et son père d’ajouter «Antoine a pris SA décision. On attendait depuis longtemps que ce soit lui qui décide quelque chose de sa vie! Et après des années de difficultés, de doutes, de revirements successifs, c’est la première fois que quelque chose dure». Il conclut «quelque chose a changé, on ne sait pas quoi, mais pour la première fois, il y a eu un déclic. On le revoit sourire, avoir envie de faire des choses. On reprend espoir pour lui»

 

LaFontanelle femme

De retour d'un mois d'itinérance en vélo en Grande-Bretagne, les jeunes filles de la Fontanelle témoignent de leur expérience.
Céline P. livre simplement :" Ce camp a été long et très difficile, mais je me sens fière de l'avoir réussi et je pense que ça m'a appris des choses pour plus tard".

Céline W.  rajoute:"Il y a eu des hauts et des bas, mais j'ai découvert des capacités que je ne pensais pas avoir."

Filipa, quant à elle, dit avoir beaucoup souffert et trouvé pénible de faire du vélo durant un mois, mais si elle partage les moments difficiles, elle relève aussi les bons moments et les fous rires ainsi que les ressources et la solidarité de chacune dans la difficulté.

Aurélie: "Pour mon premier camp à la Fontanelle, j'ai trouvé que c'était assez dur, mais aussi assez bien. On a passé de bons moments. Quand une des filles est tombée, s'est cassée la clavicule et a dû être rapatriée, ça n'a pas été facile pour moi. En 15 jours, on a fait 510km de vélo. Au début, je n'avais aucune envie de venir au camp, j'avais peur car j'étais la nouvelle! Je disais à mon père de ne pas signer la feuille pour me laisser partir. J'avais peur de ne pas m'intégrer. A la base, tout le monde me disait que ce serait bien pour moi, que je pourrais montrer un autre visage de moi que celui que j'ai montré ces derniers mois, que ça me ferait du bien de m'éloigner de tout pendants un mois! Ils avaient raison."

Et Julia*: "Chers lecteurs, je suis en camp en Grande-Bretagne et j'écris cette petite rédaction après avoir fini le vélo. 510km en 15 jours! J'y crois pas. Je suis hyper fière de moi et aussi des autres filles. Ce camp nous a beaucoup rapprochées et ça fait plaisir. Il y a eu des bas, mais aussi des hauts, un peu comme le parcours en vélo... Des montées, des descentes, des coups de blues, de la colère, le moral à zéro... mais le meilleur, c'est que l'on a jamais cessé de se relever et d'avancer, ce qui fait notre force aujourd'hui. Ma famille m'a énormément manqué. A vrai dire, je ne comptais pas faire ce camp, donc j'ai fugué. On a su me remettre sur le droit chemin, mais je n'ai pas eu le temps de dire au revoir à ma famille, ça m'a un peu découragée. Mais bon, j'ai beaucoup appris, on a tous des ressources incroyables et on peut tous réussir à faire des choses exceptionnelles.

Nelson Mandela disait: "J'ai appris que le courage n'est pas l'absence de peur, mais la capacité à la vaincre." Bravo aux filles d'avoir été si courageuses!

 

LaFontanelle garconPremières impressions d'Alan*
Dès que je suis arrivé à la Fontanelle, on m’a raconté à peu près comment ça se passait : les notes, les camps, les travaux et je me suis dit: « Mince ! Dans quel trou je suis  tombé ? ». J’ai fait mon premier camp et j’ai souffert.
Le truc que j’ai envie de vous dire : «Ne laissez pas tomber ! Continuez dans votre vie après la Fontanelle!».

 

LaFontanelle garconTémoignages de jeunes qui ont réalisé le camp sicile 2009-2010
Qu’est-ce qui as été marquant pour toi durant ce camp?
La longue étape de 50km où on a dû rouler de nuit. Et les soirs de Noël et de Nouvel An où j’ai beaucoup pensé à ma famille. Être loin de ma famille c’était dur. Dans mon autre placement, j’avais déjà appris à partir de chez eux, à être séparé, mais c’était la première fois aussi loin que ça.

Et là, qu’est-ce qui rendait la séparation plus dure, la distance?
Oui. Quand on passe Noël et Nouvel An sans la famille, quand on n’a pas de nouvelles, ça fait réfléchir parce si je n’avais pas fait le camp, j’aurais pu faire les fêtes avec eux. Et tu te dis que « si je n’avais pas fait les conneries qui font que je suis au camp…, j’y serais ! ». Tu te rappelles aussi que parfois, tu as envoyé valser ces fêtes familiales, que tu n’en profitais pas pleinement et du coup, elles prennent une autre valeur.

Alors ce camp…
C’était génial. Ce que j’ai aimé est qu’on avait beau être dans un petit village au milieu de la montagne, les gens nous demandaient ce que l’on faisait et ils trouvaient ça super. Et puis 80 kilomètres plus loin dans un autre village, les villageois savaient qui on était. L’information tourne. C’est comme si on était accueilli. C’était excellent. Les Siciliens ont un grand sens de l’hospitalité. Et on avait une bonne ambiance dans le groupe. Et il faisait beau.

Pour l’ambiance, cela change d’être en camp?
Oui, ça change. On pense moins à sa gueule en camp, on est plus dans la solidarité et ça crée des liens, ça fait que l’on s’entend bien. Au foyer on est plus égoïste.

Pourquoi cette différence ? En camp tu es obligé d’être solidaire?
Être égoïste, ne pas vouloir aider les autres, ça ne jouerait pas dans un camp comme celui-là, ça serait tellement difficile ! Tout le monde serait dans son coin, on ne se parlerait pas car l’ambiance serait mauvaise. Il y a intérêt à avoir une bonne ambiance autrement c’est trop dur. Alors chacun y met du sien.

D’avoir été Noël et Nouvel An loin de ta famille, ça fait quoi?
C’est difficile de savoir que ta famille, tes amis font la fête ; que des membres de ta famille que tu n’as pas revus depuis longtemps viennent chez toi pour Noël et que tu n’es pas là. Mais ça n’a pas été spécialement difficile, il n’y avait personne qui déprimait parce qu’il n’était pas chez lui. Et on était au bord de la plage. Mais partir pendant les fêtes, ça fait réfléchir à ce que tu as perdu en faisant des conneries, plus que dans d’autres situations. En tout cas pour moi. Le fait qu’avant de venir en foyer j’avais l’habitude d’être avec ma famille et mes amis pour les fêtes et de savoir que là je peux pas parce que j’ai fait des conneries ou des délits, ça fout un coup sur le moral. Tu réfléchis : « pourquoi j’ai fait ça »?

Le camp se construisait au fur et à mesure, tu aurais préféré que se soit tout ficelé d’avance?
Oui et non. Non, parce que ça a un côté aventure d’aller à l’aveugle. Et oui, parce qu’un jour on a fait 50 kilomètres pour trouver un campement car on a dû contourner une ville, mais une seule fois. C’est plus positif que négatif d’avancer à l’aveugle.

 

LaFontanelle femmeComment une maman vit cet éloignement?
Accepter de rompre tout contact avec son fils durant 7 semaines n’est pas chose aisée. Voici le témoignage d’une maman dont le fils a expérimenté un camp au Canada, en tant que jeune externe.
«La séparation a été pénible car elle s’est faite de manière abrupte. Le projet nous a été proposé quatre semaines avant le départ et nous n’avons eu que peu de temps pour nous y préparer. Par ailleurs, le camps se déroulait en été, période synonyme de retrouvailles pour notre famille. Au moment du départ, mon fils a paniqué et a fumé des joints. On s’est séparé fâchés. Les premiers jours ont donc été d’autant plus difficiles, j’ai souffert de ne pas pouvoir communiquer avec lui. Finalement, j’ai compris que cette séparation était nécessaire pour lui et pour moi. Nous avons pu mettre en perspective nos difficultés. Il nous a fallu cependant du temps pour vraiment lâcher prise. Quand l’expédition s’est terminée, j’ai presque souhaité qu’elle dure encore, même si j’avais aussi besoin de revoir mon fils. C’est quelque chose d’assez ambigu. A un certain moment, on passe un cap et on se rend compte que la séparation était indispensable et bénéfique. Au retour, mon fils, qui était auparavant dépendant des joints, avait le regard vif et franc. Et depuis, le changement est impressionnant. Il n’est plus dépendant, refait du sport et s’est défini un projet professionnel. Cette expérience au Canada lui a appris à définir ses propres besoins, ses limites et l’a renforcé. Nous avons pu reprendre notre relation sur des bases différentes.»

 

*Prénom de substitution